Jour n'allant pas seul 52
21-02-2012
La démocratie, telle que l'avaient conçue et pratiquée les Grecs, et très éloignée de celle que nous connaissons. Les révolutionnaires de 1789, déjà, n'en voulaient pas, il la jugeait trop dangereuse (Séyès par exemple). Parce que fondée sur un principe d'égalité réelle, une égalité triple d'ailleurs : l'isonomie (la même loi pour tous), l'iségorie (libre accès égal à la parole) et l'isocratie (même pouvoir pour chacun). À cela s'ajoute un système de tirage au sort des élus pour des mandats courts (de six mois à un an) non renouvelables. C'est pourtant là un modèle que nous pourrions réinvestir à nouveau frais et à partir duquel il nous faudrait dès lors penser et inventer les institutions nécessaires à son bon fonctionnement. La démocratie grecque antique donne effectivement le pouvoir au "peuple", alors que la nôtre est tout au plus une oligarchie : ce ne sont que quelques-uns qui décident, et nous n'avons pas vraiment voix au chapitre. C'est normal, dira-t-on, le "peuple" est, par définition, ignorant, et il faut bien que ce soit d'autres, plus "compétents", qui décident pour lui. Ben voyons. Mais les Grecs avaient aussi inventé un système d'éducation politique des plus jeunes pour les préparer à participer à l'activité de la polis (la cité). Nous en sommes encore très loin. Bon allez, à demain.