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27 mai 2012

Jour n'allant pas seul 148

27-05-2012

 

…Jésus ne devient le christ qu'après sa mort. Avant, il est un juif qui parcourt la Palestine et alentour pour prêcher à d'autres juifs sa lecture de la torah : il ne prêche pas le christianisme, il prêche un judaïsme, l'idée qu'il en a. Ils sont nombreux comme ça, à cette époque, sur les chemins, chacun y allant de son interprétation des textes. Et la parole de Jésus n'y est pas plus entendue, ni n'a plus d'importance et d'impact qu'un autre de ces prêcheurs itinérants. Aucun historien d'alors, ni romain, ni grec, ni juif ne témoigne de l'activité de Jésus. Hormis un bref passage chez Flavius Josephe, mais que presque tous les spécialistes – même chrétiens – considèrent comme apocryphe. Jésus est alors une petite voix pas plus audible que d'autres qui circulent au même moment. Qu'est-ce qui fait qu'elle ait pris une telle ampleur après sa mort ? Son passage par la mort justement. La souffrance et la mort. Un passage pleinement accepté et qui vient à la rencontre d'un puissant sentiment de culpabilité. C'est la culpabilité qui a porté – et qui porte encore – le christianisme. D'abord comme forme de résistance, puis comme force de domination. Dans la livre VI de "Kaamelott" Arthur prononce cette phrase – je cite de mémoire : "Qu'est-ce qu'un christ, sinon quelqu'un qui souffre et qui laisse couler son sang sur le sol pour que tout le monde se sente coupable ?", et il poursuit : "Tous les suicidés sont des christs, et toutes les baignoires des graals" (dans cette série télévisée, Arthur Pandragon a tenté de mettre fin à ses jours en s'ouvrant les veines dans sa baignoire)…

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