Jour n'allant pas seul 287
13-10-2012
…l'apocalypse est pour demain – vivement après-demain. Qu'on, n'en, parLe, Plus. D'autant que la "révélation" risque d'être des plus décevantes. Ça va, pas, faire-un-pli. Chacun sait – ou presque - qu' "Apocalypse" est un mot grec signifiant ré vé la tion – ni plus ni moins. Mais comme un des premiers textes d'importance portant ce titre retenu par l'histoire est ce lui de Jean, l'idée de fin du monde et de jugement dernier s'y est substituée. Pourtant, des a po ca lyps(e)s, il s'en est écrits pas mal entre le IIe siècle avant l'autre et 150 après. Et, si elles avaient toutes une valeur eschatologique, ce n'était pas nécessairement sur le mode de la catastrophe massive. Mais c'est celle-là qui a été retenue. Si tel n'avait pas été le cas, le mot "apocalypse" aurait sans doute gardé son sens premier. Ce qui aurait pu permettre à nombre de textes profanes de porter ce titre. Par exemple : celui révélant comment vendre tout & n'im porte quoi à n'im porte qui : "L'apocalypse" selon Edward Bernays, c'est plus intrigant que "Propaganda" – bien trop direct. Ou alors, celui dévoilant les mécanismes de l'exploitation de l'homme par l'homme, leur apparition et leur développement, et – donc – comment y mettre fin : "L'apocalypse" selon Karl Marx, ça a, quand même, plus, de gueule, que : "Le Capital". Maintenant, si on avait associé au mot : "apocalypse" – au vu du texte de Jean - les idées de foutaises et de délire – ce qu'il n'est pas impossible de faire -, n'importe quel livre de BHL ou d'Alain Minc pourrait porter ce titre. Cela dit, les "réVé Lations", c'est assez courrant, le Canard Enchaîné – d'autres aussi - en fait fréquemment. Des révélations c'est : tous les jours, si, à chaque fois, c'était la fin du monde, ce serait un peu : lassant. Quoi que pour certains, ça l'est un peu parfois : il arrive qu'un ministre, par exemple, se trouve contraint de démissionner, ou que sa "carrière" soit stoppée net, pour lui ça doit être comme une petite apocalypse privée – mais pour d'autres, dont je suis, une bonne occasion de se marrer. Par ailleurs, nous avons tous des amis, ou des connaissances, qui ne manquent pas de nous faire, de temps à autre, quelques révélations : pas de fin du monde pour autant. L'apocalypse, vraiment, pas de quoi fouetter un chat…