Jour n'allant pas seul 12
12-01-2012. L'écriture est sans doute une possibilité pour faire de cette langue où je suis parlé, quelque chose où s'entend ce qu'elle barre et occulte : c'est son dehors qui y cligne. Un peu comme si le réel, débordant la langue de toute part, s'y laissait entrevoir là où même il est interdit. Parce que la langue ne peut le circonscrire, elle en arpente la frontière, cherchant à l'atteindre par quelques sens définitifs, et le recouvrir du bruit d'une vérité construite de toute pièce. L'écriture a donc cette étrange capacité à faire entendre en son silence ce qui sinon resterait inouï.
Beau fixe 15
Jour n'allant pas seul 11
11-01-2012. Je ne parle – comme tout un chacun - qu'avec les mots des autres : il est certain que nul terme ne m'appartient jamais en propre. Mais ce que chacun peut faire cependant, c'est en mésuser, les déplacer, les détourner, les tordre. Ainsi une parole singulière peut s'entendre au cœur du commun. Non en le niant, mais bien plutôt en l'affirmant comme son lieu même : chaque "je" a jour et séjour en un "nous". Ce "nous", ne désignant en rien une communauté ou une autre, simplement la signature du commun. Je suis un "je", comme tu peux l'être, comme quiconque l'est. De la banalité du "je" s'autorise une singularité quelconque qui me nomme. Et le nom du un quelconque est celui non pas dont il importe peu, mais bien au contraire celui dont de toute façon il importe (Agamben). C'est sans doute là aussi ce qui détermine la possibilité de toute subversion. À demain
Beau fixe 14
Jour n'allant pas seul 10
10-01-2012.
maintenant
de rien parcourir
quelques mondes
encore à venir
anéantir une totalité
féroce sa puissance
réifiante assignant
chacun à résidence
au lieu même
de son nom
comme si un seul
pas d'autres
possibles au site
du tout pas d'autres
possibles il nie
ce qui l'excède et
s'affirme sans reste ni
perte
Beau fixe 13
Beau fixe 12
Jour n'allant pas seul 9
09-01-2012.
d'un sol à l'appui de
nos pas
certitude recommencé
au doute du chemin
mais pas de chemin
l'errance nous retire
de tout récit désécrit
le plein du temps
des histoires et
ouvre le vide
intense de l'instant
: la nuit est un séjour
où la langue
nous absente
n'y demeure que
la présence des choses
à la rencontre
de nos corps toujours
en mouvement
Beau fixe 11
Jour n'allant pas seul 8
08-01-12. "30% n'exclurait pas de voter Le Pen". "Libération", ce jour. Ok. Mais tout a été fait pour. Les Guéant et consort ont bien fait leur boulot. Le FN est devenu un parti fréquentable. D'aucuns disent même : républicain. Liberticide, anti-démocratique et xénophobe, mais : ré-pu-bli-cain. Ben voyons. La nov langue progresse. L'esclavage c'est la liberté, la guerre c'est la paix, et le fascisme c'est républicain. Et bientôt même, peut-être, le fascisme est un humanisme. Tant qu'à faire. Et qu'on ne vienne pas me dire que le FN n'est pas fasciste. Que le fascisme, c'est un mouvement historique qui, en Italie, ceci-cela, et blablabla et bliblibli. Je connais un peu l'histoire, merci. J'utilise ce mot dans son sens courant et commun, pas dans son sens historique. Il faut une certaine mauvaise fois pour ne pas l'entendre ainsi. Le FN reste un parti d'extrême droite. Ils sont les principaux bénéficiaires de cette politique de la peur soutenue depuis au moins deux décennies. Maintenant, Marine Le Pen est devenue le vrai nom de Nicolas Sarkozy. Si les deux se retrouvent au second tour, il n'y aura plus qu'à aller à la pêche. Sarkopen ou Penozy, faites votre choix. Ça promet (entendre : ça menace). Fin du billet d'humeur. À demain. Peut-être.



















